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24/10/2011

Shakespeare intergalactique

Actualité du théâtre engagé (4)

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Alors que la troupe d’Ariane Mnouchkine fait actuellement le tour du monde avec ses Naufragés du Fol Espoir, le Théâtre du Soleil accueille jusqu’au 13 novembre prochain l’Artistique Théâtre et son Shakespeare pour une Tempête de Shakespeare mise en scène par Lucile Cocito.

Généralement considérée comme la dernière pièce de Shakespeare, La Tempête, conte l’histoire d’une trahison et de sa réparation. Prospero, duc de Milan, a vu son pouvoir confisqué par son frère Antonio qui a fait alliance avec le roi de Naples, Alonso, ennemi mortel du duché de Milan. Exilé, seul sur une île mystérieuse avec sa fille Miranda, Prospero voit la Providence lui offrir les moyens de sa vengeance : le navire du roi Alonso accompagné de sa suite (notamment Antonio) croise au large de l’île et Prospero par ses pouvoirs magiques déchaîne les éléments contre l’esquif qui échoue avec ses occupants. Alors commence sur l’île pour Prospero et les esprits qui la peuplent un jeu  destiné à remettre en ordre ce qui a été troublé tant d’années auparavant et à défaire les complots qui se trament à l’insu du roi Alonso. Sur un ton mêlant gravité et comédie, Shakespeare donne une leçon de magnanimité : Prospero en prince vertueux refuse la pure vengeance et préfère la justice.

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08:08 Publié dans Vie des formes | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : théâtre, shakespeare, lucile cocito |

18/10/2011

Nicolas Sarkozy : hold-up sur la culture ?

803572-plaidoyer-sarko-a.jpg[1].jpgEn visite jeudi dernier à Chaumont, en Haute-Marne, Nicolas Sarkozy inaugurait le Centre Pompidou mobile (CPM), un nouveau concept de « musée itinérant » apportant au public dans les zones éloignées de la vie culturelle un contact direct avec l’art moderne et contemporain. L’occasion pour Nicolas Sarkozy de parler de culture. Peut-il vraiment convaincre dans un domaine tristement délaissé par la gauche à l’approche de 2012 (voir à ce propos notre article sur les Primaires) ?

La culture selon Combien ça coûte ?

« Une structure d'exposition démontable et transportable, conçue dans l'esprit de la fête foraine » : ce n’est pas une critique acerbe mais la présentation officielle du CPM, le Centre Pompidou mobile. « Fruit d'un partenariat réussi entre le secteur public et le secteur privé » le CPM s’installera dans plusieurs localités françaises grandes ou moyennes (après Chaumont, d’ici 2014 : Cambrai, Boulogne-sur-Mer, Libourne, Le Havre, Nantes et Aubagne), pour des étapes de trois mois. Une quinzaine d’œuvres sont ainsi présentées pour un accès totalement gratuit afin que les habitants des zones rurales, périurbaines ou en difficulté économique et sociale, et particulièrement les écoliers, fassent « l'expérience des chefs d'œuvre de l'art moderne et contemporain ». C’est-à-dire qu’une « médiation » (surtout pas une visite guidée !) permet au public de contempler chaque œuvre pendant trois minutes, soit une heure de visite en tout.

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13/10/2011

Un Opéra de quat'sous à Sartrouville

Actualité du théâtre engagé (3)

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Le théâtre de Sartrouville et des Yvelines, Centre dramatique national, propose une nouvelle production de L'opéra de quat'sous. La pièce musicale de Brecht et Weill n'a jamais été autant à la mode qu'aujourd'hui, la question de l'actualité de son message ouvertement marxiste, émis en 1928, étant posée par les metteurs en scène de 2011, en l'occurrence à Sartrouville par Laurent Fréchuret.

Pourquoi Brecht ?

Créé en 1928 à Berlin, L’opéra de quat’sous (Der Dreigroschenoper) est une pièce musicale emblématique de la coopération entre Bertolt Brecht et le compositeur Kurt Weill, tous deux figures majeures du marxisme intellectuel allemand de l’entre-deux-guerres et, dans les années 1930, de l’anti-nazisme. Remettant au goût du jour l’intrigue satirique de L’opéra des gueux de John Gay (The Beggar’s Opera), composé en 1728, la pièce de Brecht et Weill met en scène les amours contrariées de Polly, fille du roi des mendiants de Londres, Jonathan Peachum, avec le roi des voleurs Macheath, parangon du vice, le tout dans une ambiance de cabaret, les scènes étant animées de chansons jazzy dont certaines ont dépassé en succès la pièce elle-même.

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08:08 Publié dans Vie des formes | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : théâtre, brecht, laurent fréchuret |

07/10/2011

Prix Nobel de la paix 2011 : coup de maître du jury norvégien

Les trois lauréates du prix Nobel de la paix annoncées aujourd'hui permettent au comité Nobel de réussir un bel exercice d'agilité politique, en récompensant les mouvements arabes sans prendre position dans leurs aspects les plus incertains, et en défendant la place des femmes dans le processus démocratique, tout en honorant les réalisations de trois personnalités exceptionnelles.

Échapper à l'actualité

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Le prix Nobel offre, certaines années, une sélection exceptionnelle. C'était le cas en 2010, lorsque les différents jurys du prix avaient fait preuve d'une conscience politique remarquable (voir notre article sur le sujet). Pour 2011, les choses sont revenues à la normale avec une sélection tout aussi éminente mais certes moins polémique. En médecine, au pionnier de la fécondation in vitro Robert G. Edwards, succèdent trois chercheurs sur le système immunitaire. En littérature, le prix revient à Tomas Tranströmer, poète suédois, loin de la violence engagée de Mario Vargas Llosa. Pour l'économie, il faudra encore attendre le lundi 10 octobre.

Pour le prix de la paix, le prix pouvait pourtant prétendre à une portée aussi forte qu'en 2010. Récompenser Lu Xiaobo, opposant au régime chinois, toujours emprisonné malgré un état de santé fortement dégradé par une hépatite, était un acte courageux, face à la première dictature du monde, et malgré les menaces ouvertes de représailles de la part de la République populaire. Un an plus tard, hormis la médiatisation passagère, rien n'a changé pour Lu Xiaobo, aujourd'hui seul lauréat du prestigieux prix à vivre en état de captivité, depuis la libération d'Aung San Suu Kyi en novembre 2010. En revanche, le monde, lui, a changé, en particulier le monde arabe bouleversé par les révoltes et révolutions encore en cours.

Pourtant le Parlement norvégien a choisi de récompenser trois femmes, deux Libériennes (Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee) et une Yéménite (Tawakkul Karman), et d'ignorer les appels à récompenser la rue arabe dans son ensemble, les manifestants et blogueurs tunisiens ou égyptiens, ou même à prendre position dans la situation syrienne. Ceci aurait non seulement risqué de paraître dérisoire face à l'ampleur de la tâche entamée par ces peuples en lutte, et aux terribles souffrances endurées aujourd'hui encore (Yémen, Syrie), mais, de plus, récompenser trop ouvertement tel ou tel représentant des peuples arabes en lutte aurait aussi été se prononcer sur la réussite de processus révolutionnaires qui, pour être déjà parvenus à de grands succès, n'en sont pas moins toujours en cours, et peut-être même en train d'être étouffés en certains lieux cruciaux (Yémen, Syrie). Pour 2011, une fois n'est pas coutume, le prix Nobel de la paix devait trouver une façon d'échapper à l'actualité sans l'éclipser, et de rappeler la permanence des combats que ce prix honore, et l'importance du long terme dans le combat pour la paix et la démocratie.

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16:42 Publié dans Politique internationale | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/10/2011

Nobel de littérature 2011 : Tomas Tranströmer ou le pouvoir de l'image

prix nobelTomas Tranströmer est le lauréat du prix Nobel de littérature 2011. L'annonce effectuée aujourd'hui n'est pas si surprenante, mais comme chaque année elle laisse certains circonspects. Pourtant, ce prix s'explique par les qualités du poète autant que par le message que l'Académie suédoise veut faire passer.

Un lauréat plutôt attendu

Le prix Nobel de littérature remis à Tomas Tranströmer était finalement presque attendu, depuis quelques  années déjà : chaque automne, des journalistes se postaient à son domicile avant l'annonce au cas où il soit l'heureux élu, et le poète avait  déjà reçu de nombreux prix parmi les plus prestigieux du monde (Prix Pétrarque en 1981, Prix Neustadt en 1990, Prix August Strindberg en 1996). Poète réputé et même populaire en Suède mais aussi dans les pays de langue anglaise, Tranströmer, à quatre-vingts ans aujourd'hui, est le premier Suédois à recevoir le plus prestigieux des prix littéraires depuis les très contestés doubles lauréats de 1974, Harry Martinson et Eyvind Johnson, récipiendaires alors qu'il siégaient au sein de l'Académie suédoise qui, rappelons-le, décerne le fameux prix. Cette vieille polémique est d'ailleurs fort probablement la raison d'une si longue attente : Tranströmer est tout de même le septième Suédois à recevoir le Nobel de littérature depuis 1901 (et depuis Selma Lagerlöf en 1909).

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21:05 Publié dans Vie des formes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : prix nobel, tomas tranströmer |

 
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