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29/03/2013

Hollande et le livre : quelle priorité ?

En visite au Salon du livre pour son inauguration le 22 mars, le chef de l’État, accompagné de la ministre de la culture Aurélie Filippetti, déclarait considérer le livre comme « une grande priorité culturelle ». Mais quel contenu peut-on vraiment espérer derrière l’annonce de circonstance ?

Le choix du Salon du livre

hollande1-tt-width-604-height-403-attachment_id-260609.jpgAprès le Salon de l’agriculture, le président Hollande avait donc choisi de rendre visite au Salon du livre de Paris pour son inauguration, afin selon lui de « renouer avec une tradition » (bien que deux éditions seulement aient été fréquentées par le chef d’État en exercice avant celle-ci, en 1982 et en 2001). Un salon, qu’il fût du livre, a de fait cela de particulier de ne pas vraiment être un lieu de culture. Porte de Versailles, on ne parcourt pas les rayonnages garnis en parlant à mi-voix comme dans n’importe quelle librairie, mais on se perd dans des allées peuplées, on part à la chasse aux autographes, dans le vacarme des interviews promotionnelles.

Plus encore, le Salon du livre de Paris, événement privé organisé par le leader mondial de l’événementiel Reed Exhibitions, n’affiche aucune vocation à promouvoir le livre plus particulièrement qu’un autre des produits auxquels sont consacrés chacun de leurs 60 salons en France. Ainsi, en 2012, les écrivains avaient-ils été très choqués par la décision prise par le salon de faire payer l’entrée aux écrivains n’ayant pas de séance dédicace prévue. L’écrivain, amuseur bon pour attirer le badaud, et, à défaut, sans intérêt : le salon du livre n’est décidément pas le salon des passionnés de littérature.

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27/03/2013

Retour(s) [Actualité du théâtre engagé 5]

Une production du Retour d’Ulysse de Monteverdi inaugure le TGP de Saint-Denis, fermé pendant près d’un an pour des travaux de rénovation. L’occasion pour la Brèche d’y revenir, aussi, deux ans après un Couronnement de Poppée dont le succès mérité avait surpris.

Un théâtre ouvert

DSC_8273.jpgFondé en 1960 dans une ancienne salle des fêtes progressivement aménagée pour recevoir comédiens et public dans des conditions acceptables, le Théâtre Gérard Philipe (ou TGP pour les habitués), centre dramatique national depuis 1983, attendait depuis des années les travaux qui s’achèvent tout juste et permettront à son directeur depuis 2008, Christophe Rauck, d’y assurer pleinement les missions de création et de démocratisation qui sont les siennes.

L’élégant bâtiment Belle époque aux allures de bal populaire abrite une grande salle totalement rénovée, avec une capacité inchangée de 500 places, mais désormais d’une volée au lieu d’un balcon exigu. Résultat, plus d’espace et de confort pour les spectateurs, le tout pour des choix de tarification toujours attractifs : catégorie unique, placement libre, plein tarif à 22 €, formules d’abonnement à 80 euros les 8 places… Le nouveau volume de la salle, plus haute, ainsi que la mise à plat de la scène, ont en revanche un peu éloigné le public de la scène, et créent une nouvelle donne acoustique moins profitable à certains répertoires (comme dans le cas de l’opéra dont il est ici question).

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08:29 Publié dans Vie des formes | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/03/2013

Robespierre restitué

livresOutre les ouvrages de ses auteurs habituels (Rancière, Agamben, Badiou, et Hazan lui-même, son fondateur), la maison La Fabrique se fait parfois remarquer par des rééditions fort bienvenues. C'est le cas de l'essai de Georges Labica sur Robespierre, édité il y a vingt-cinq ans dans la profusion du bicentenaire de la Révolution et traduit dans de nombreuses langues, et de nouveau accessible au lecteur français.

Une pensée de l'inédit

Georges Labica (1930-2009) reste avant tout dans les mémoires comme un philosophe marxiste et spécialiste du marxisme. Son intérêt pour Robespierre s'inscrit dans la lignée d'analyses consacrées à Lénine, Labriola, figures historiques et pourtant à la marge des études historiques. Ce Robespierre ne se conçoit ainsi pas comme une biographie à proprement parler, mais plutôt comme un portrait philosophique — on n'oserait dire idéologique — de l'Incorruptible. Sa réédition est une aubaine, alors que cette figure honnie par l'historiographie consensuelle est un peu plus enfoncée encore par le courant révisionniste des études révolutionnaires, qui n'a plus rien de révisionniste tant il est désormais médiatiquement dominant.

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10:14 Publié dans Vie de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : livres, georges labica, la fabrique, révolution française |

19/03/2013

Leçons américaines pour l'économie européenne

Les dernières évolutions économiques des deux côtés de l'Atlantique n'ont jamais mis autant en évidence les divergences de politique économique entre l'Union européenne et les États-Unis. Avec une conclusion claire : deux approches différentes mènent aussi à deux dénouements différents, et celui auquel se destine l'Europe n'est pas heureux.

Bruxelles : encore une victoire pour l'austérité

merks2_2396548b[1].jpgLe dernier sommet  de Bruxelles, les 14 et 15 mars, devait traiter de la croissance et de l’emploi. Au final, une bataille de chiffres, entre l’autosatisfaction d’un gouvernement allemand qui prévoit un excédent de 5 milliards d’euros en 2016, et les nouveaux délais accordés à la France et aux pays de l’Europe du sud pour atteindre l’objectif de 3% de déficit public (fin 2014 pour Paris). En attendant, la croissance et l’emploi ont donc de nouveau été oubliés dans des débats focalisés sur l’application de l’austérité. Une paralysie politique renforcée par l’attente des élections fédérales allemandes de septembre prochain : d’ici là, rien ne bougera, et une réélection triomphale de la très populaire chancelière Merkel n’arrangera rien. Pis : la décision de l’Eurogroupe quant à l’application du plan d’aide à Chypre et la taxation des livrets d’épargne, annoncée samedi, signale l’assaut final sur une nouvelle proie pour les austéritaires.

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18:50 Publié dans Économie, Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : angela merkel, olli rehn, paul krugman, david cameron, etats-unis |

14/03/2013

Robert Castel, sociologue de la précarité (1933-2013)

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L’EHESS annonçait hier la disparitition de Robert Castel. Mort mardi 12 mars à l’âge de 79 ans, il restera comme l’un des sociologues majeurs de son temps, spécialiste du monde du travail et du « modèle social français ».

Le monde du travail - et sa précarisation

Brestois, issu d’un milieu modeste et initialement destiné au métier d’ajusteur à l’arsenal de Brest, Robert Castel fut un passager de l’ascenseur social avant d’en être un défenseur. Agrégé de philosophie, assistant d’Éric Weil à l’Université de Lille – à l’époque où l’on pouvait y croiser Foucault, Le Goff, Vidal-Naquet…), il se convertit à la sociologie après sa rencontre avec Bourdieu, et vit les années 1970 de l’université de Vincennes. S’étant rapproché de Michel Foucault, il travaille (dans le sillage de l’Américain Erving Goffman dont il introduit l'édition française du livre Asiles) à une sociologie critique de la prise en charge psychanalytique et psychiatrique, sujet de sa thèse d’État soutenue en 1980. Puis il devient directeur d’études à la prestigieuse École des Hautes études en sciences sociales en 1990, et porte son travail vers la question du salariat.

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19:14 Publié dans Vie de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail, chômage, robert castel, rsa |

 
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