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21/05/2013

La protection sociale appartient-elle au passé ?

robert castel, nicolas duvoux, protection sociale, rsa, précaritéNous en avions brièvement parlé à l'occasion de la mort de Robert Castel. Paru il y a quelques mois, L'avenir de la solidarité est un petit recueil efficace et d'une actualité évidente à l'heure où le gouvernement français agite de menaçantes « réformes de compétitivité ».

Droits sociaux, devoir de solidarité ?

Les articles réunis dans ce petit recueil se positionnent clairement à la frontière entre sociologie, économie et politique. Et tous se placent dans la lignée des pages introductives de Robert Castel défendant la protection sociale comme droit, à l'heure où elle est attaquée par la mentalité de l'anti-assistanat, du workfare et de « l'activation » des droits, dont les conséquences sont la remise en question des transferts sociaux et la constitution d'une classe pauvre et laborieuse, dont l'expérience est faite d'allers-retours entre chômage et travail précaire, sans espoir d'issue.

Les constats ici effectués, et souvent centrés sur le RSA et sa mise en place en remplacement du RMI, sont d'une actualité cruelle, et auraient pu être étendu à d'autres expériences (comme les réformes Hartz en Allemagne), pour en renforcer les conclusions. Mais l'affirmation de la protection sociale comme droit ne suffit pas, si la conscience n'est pas entretenue que ce droit correspond aussi à un devoir de la communauté vis-à-vis des plus fragiles, des moins chanceux, cette « conception Républicaine de la pauvreté » défendue par Castel, et qui implique avant tout de combattre la pauvreté laborieuse, et non de prétendre offrir aux pauvres une dignité en les forçant à travailler à n'importe quel prix.

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17/05/2013

Rapport Lescure : le flop culturel du gouvernement

Taxer-les-smartphones-pour-sauver-la-culture_article_landscape_pm_v8[1].jpgLa mission Lescure avait été créée en août 2012 par Aurélie Filipetti, et consistait en une « mission de concertation sur les contenus numériques et la politique culturelle à l’ère du numérique ». L’objectif de ce que la ministre appelle « Acte II de l’exception culturelle » est ainsi d’étudier l’adaptation des dispositifs mis en place, particulièrement sous le président Mitterrand, dans une logique « d’exception culturelle » et destinés à « favoriser la création, la production, la distribution et la diffusion des œuvres littéraires, cinématographiques et audiovisuelles », et à « conserver une offre culturelle de qualité, variée et accessible ».

Suite à la remise du rapport au Président de la République le 13 mai, il est difficile de se dire optimiste pour la politique culturelle française. Le rapport est consultable sur le site du ministère.

Aurélie Filippetti, ministre de l’industrie culturelle

La mission elle-même ne laissait guère d’espoirs. La décision d’axer cette concertation quant à  « l’Acte II de l’exception culturelle » sur « l’ère numérique » ne montre qu’une chose, c’est l’obsession d’Aurélie Filippetti pour les gadgets, les smartphones, les tablettes, les liseuses, comme si le changement technique pouvait à lui seule soulager le ministère de la tâche désormais accessoire de permettre l’accès de tous au patrimoine le plus universel. Rien de très surprenant à vrai dire : La Brèche avait déjà souligné il y a près de deux ans la vacuité des propositions socialistes sur la culture. Le pilotage de la mission Lescure par un comité regroupant six ministres (de la culture, de l’économie et des finances, du redressement productif, des PME et de l’innovation, des affaires étrangères, et du commerce extérieur) renforce le sentiment que la culture n’est plus, pour le gouvernement, qu’un secteur économique comme un autre.

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16/05/2013

La crise accélère la hausse des inégalités

The-Rich-Get-Richer-Income-Inequality[1].jpgLes dernières données sur les inégalités rendues publiques par l'OCDE dressent un tableau terrible de l'évolution des économies développées.

Hausse continue depuis 40 ans, accrue depuis 2008

La hausse des inégalités, continue dans les pays développés depuis le milieu des années 1970, s'est accélérée depuis le début de la crise. C'est ce que conclut l'OCDE dans ses derniers résultats publiés, qui compilent des données allant jusqu'en 2010.

Les inégalités de revenu se sont ainsi davantage creusées dans les trois premières années de la crise (2008-2010) que dans les douze années précédentes.

Consulter gratuitement en ligne : le rapport, les données et graphiques du rapport et la base de données sur la distribution des revenus.

Infographie en fin d'article.

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09:16 Publié dans Économie, Question sociale | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : inégalités, ocde, islande |

15/05/2013

La spirale austéritaire s'accélère

Daniel_hertzberg_smartmoney_sketches.jpgL'Europe de l'austérité persiste et signe, et ne craint jamais de tomber encore plus bas. Le chef de l'État français, lui, a choisi le camp de la trahison.

La France est en récession, l'Allemagne n'en est pas loin

Les dernières estimations des résultats économiques de l'Union européenne au premier trimestre ont été communiqués aujourd'hui par Eurostat, et sont en-dessous des prévisions. En résumé : -0,1 % pour l'UE27 (-0,7 % sur l'année écoulée), -0,2 % pour la zone euro (-1 % sur l'année).

Avec deux trimestres consécutifs de contraction (-0,3 % au dernier trimestre 2012 et -0,2 % au premier trimestre 2013) la France entre donc officiellement en récession, sort qu'elle partage avec au moins huit pays de l'Union (sur vingt pays pour lesquelles les données sont disponibles). Des résultats terribles mais aussi tristement prévisibles.

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Austérité : un gouvernement qui aime les riches

sipa_00625410_000004[1].jpgRégulièrement, les sondages d'opinion semblent accréditer l'existence d'un fort soutien des Français pour les politiques d'austérité. En cette période d'explosion du chômage, de précarité généralisée et de stagnation des salaires, les sacrifices du peuple seraient-ils donc consentis ? Un regard plus précis montre au contraire que les plus fortunés, que François Hollande disait en 2006 ne pas aimer, sont ceux qu'il choisit aujourd'hui d'écouter et de satisfaire.

L'indispensable liberté de se tromper

Il n'est pas question ici de revenir réellement sur une analyse de la justification économique des politiques austéritaires, néfastes pour la croissance, et qui infligent aux peuples européens des souffrances inutiles. De fait, le fondement même du fonctionnement démocratique d'une société n'implique pas de la part du peuple une compétence économique. Qui plus est, les aspects économiques ne sont heureusement pas seuls à rentrer en ligne de compte dans les opinions d'un homme ou d'une société tout entière, et toute question, quelles que soient ses implications économiques, n'est jamais purement économique.

On peut estimer, par principe ou pour des raisons éthiques, qu'un budget public doit être en équilibre même si c'est économiquement infondé et inutile. Par ailleurs, de nombreuses raisons peuvent amener les citoyens à favoriser l'austérité parce qu'ils y voient un moyen de défendre leurs intérêts, sans que cela soit indigne. Chacun a le droit de souhaiter voir ses impôts se réduire, ou de croire que l'État et les services publics sont une sphère néfaste. Encore une fois, il n'est nullement ici question de contester le caractère essentiel des libertés démocratiques, et le champ illimité des choix laissés à la Nation dans son ensemble.

Une opinion historiquement portée vers la rigueur

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