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19/03/2013

Leçons américaines pour l'économie européenne

Les dernières évolutions économiques des deux côtés de l'Atlantique n'ont jamais mis autant en évidence les divergences de politique économique entre l'Union européenne et les États-Unis. Avec une conclusion claire : deux approches différentes mènent aussi à deux dénouements différents, et celui auquel se destine l'Europe n'est pas heureux.

Bruxelles : encore une victoire pour l'austérité

merks2_2396548b[1].jpgLe dernier sommet  de Bruxelles, les 14 et 15 mars, devait traiter de la croissance et de l’emploi. Au final, une bataille de chiffres, entre l’autosatisfaction d’un gouvernement allemand qui prévoit un excédent de 5 milliards d’euros en 2016, et les nouveaux délais accordés à la France et aux pays de l’Europe du sud pour atteindre l’objectif de 3% de déficit public (fin 2014 pour Paris). En attendant, la croissance et l’emploi ont donc de nouveau été oubliés dans des débats focalisés sur l’application de l’austérité. Une paralysie politique renforcée par l’attente des élections fédérales allemandes de septembre prochain : d’ici là, rien ne bougera, et une réélection triomphale de la très populaire chancelière Merkel n’arrangera rien. Pis : la décision de l’Eurogroupe quant à l’application du plan d’aide à Chypre et la taxation des livrets d’épargne, annoncée samedi, signale l’assaut final sur une nouvelle proie pour les austéritaires.

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18:50 Publié dans Économie, Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : angela merkel, olli rehn, paul krugman, david cameron, etats-unis |

05/03/2013

Sur la compétitivité de la France

Note : Après une année de parenthèse, cet article signe le nouveau départ du blog La Brèche, qui poursuit à partir d'aujourd'hui son travail d'analyse de l'actualité, politique, intellectuelle et artistique.

Capture-decran-2013-03-03-a-11[1].jpegLe premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a rendu publique une vidéo, vendredi 1er mars, sur le modèle de la weekly address de Barack Obama (et, avant cela, des causeries radiophonique hebdomadaires du Président du conseil Pierre Mendès France). Thème de cette première intervention : la compétitivité. Plus exactement, le message que veut faire passer le Premier ministre est asséné tout au long des trois minutes de vidéo : « La compétitivité, c’est l’emploi ». Où l’on voit que le gouvernement applique une mauvaise politique, qu’il justifie par de mauvais concepts…

Une crise avant tout commerciale ?

Le concept de compétitivité part de l’idée que, dans une économie mondialisée, un pays, la France en l’occurrence, est placé en situation de concurrence avec le reste du monde, comme une entreprise face à ses rivales. Cette idée se base sur deux présupposés très fragiles, le premier étant que la croissance nationale serait principalement conditionnée par le commerce extérieur, le second assimilant l’économie nationale à celle d’une entreprise, l’ « entreprise France » mise à la mode en son temps par le Premier ministre Raffarin 1.

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02/11/2011

Le protectionnisme, avenir de la gauche ?

Défendues par Arnaud Montebourg tout au long des primaires socialistes, les idées protectionnistes ont trouvé une audience concrète dans l’électorat de gauche et ont participé au bon score du chantre de la « démondialisation ». Mais peuvent-elles vraiment constituer la pierre angulaire d'un programme pour 2012 ?

De l’antimondialisation à la démondialisation

Arnaud-Montebourg_articlephoto[1].jpgAprès la fin des primaires socialistes et l’investiture de François Hollande comme candidat, le PS et l’équipe du candidat voient s’ouvrir quelques semaines de travail intense sur le programme qui sera défendu en 2012, afin de faire la synthèse des idées proposées par le parti, par le candidat vainqueur, mais aussi parfois par d’autres candidats lorsque ces idées ont convaincu. La question de la place qui sera réservée, dans le programme de François Hollande, aux idées protectionnistes défendues par Arnaud Montebourg, est l’un des points les plus incertains. Le député de Saône-et-Loire, qui a prôné dans son livre (Votez pour la démondialisation !) et pendant des mois de campagne la création de « barrières sanitaires, sociales et environnementales », en particulier douanières, aux frontières de l’Europe, doit à ses discours protectionnistes une part non négligeable de ses 17 % le 9 octobre dernier. Après le scrutin, un sondage révélait ainsi que 54 % des Français se diraient favorables à l’adoption de mesures protectionnistes.

À vrai dire, ces dernières années, le protectionnisme a séduit une partie de plus en plus grande de la gauche. Au point que Montebourg, parce qu’il en a fait un point majeur de son propre programme, a paru incarner l’aile gauche du Parti socialiste. La vogue de l’antimondialisation dans les années 1990 s’était pourtant atténuée au cours des années 2000 au profit de mouvements dits « altermondialistes » préconisant une mondialisation maîtrisée, plus démocratique, plus soucieuse d’équité sociale et de protection de l’environnement. Mais suite à la crise débutée en 2008, les discours se sont durcis : Emmanuel Todd mérite d’être considéré comme le principal instigateur de ce renouveau, à travers son livre Après la démocratie dont les développements sur le protectionnisme tombent alors à point nommé. Puis, chez les hommes politiques, avant Montebourg, c’est Jean-Luc Mélenchon qui défend le protectionnisme, lui qui a mis l'accent plus récemment sur sa proposition d'un système de « visas sociaux et écologiques pour toute marchandise entrant dans l'Union ».

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22/10/2010

Comment l'Europe tue la reprise économique

banner-austerity.jpgLa rigueur budgétaire est à la mode, en Europe plus que nulle part. Alors que le Royaume-Uni annonce un plan d'austérité inédit qui doit supprimer 500 000 emplois publics d'ici 2014, le sommet franco-allemand de Deauville, qui vient de s'achever, a lancé une réforme du Pacte de stabilité de l'Union européenne, durcissant les sanctions envers les mauvais élèves. L'Europe choisit courageusement de se diriger vers une nouvelle récession.

De l'économie aux économies

Le consensus sur les ajustements budgétaires est aujourd’hui évident dans l’Union européenne, la priorité continentale étant le retour dans les limites fixées par le pacte de stabilité (officiellement « Pacte de stabilité et de croissance »), du moins de la limitation du déficit public à 3% du PIB, le problème de la dette accumulée (théoriquement limitée à 60% du PIB) étant repoussé à plus tard. Le temps n’est donc plus à la relance, ni au compromis rigueur-relance (la « rilance » de Christine Lagarde), mais bien à la cure d’austérité. Les pays les plus fragiles, les plus touchés également par la crise économique depuis deux ans, sont aussi ceux qui doivent fournir le plus d’efforts : l’Irlande, dont le déficit public annuel devrait atteindre 32% du PIB en 2010 (!) va finalement opérer 11 Md€ d’ajustements sur quatre ans, contre 7,5 prévus initialement ; la Grèce va elle aussi devoir réviser ses coupes à la hausse, tandis que l’Italie, l’Espagne et le Portugal redoublent d’efforts pour satisfaire les agences de notation.

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08:16 Publié dans Économie, Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : économie, dette publique, crise économique |

 
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