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13/09/2013

Retraites : l'espérance de vie ne s'allonge pas pour tout le monde

Le débat sur les retraites est de retour ! Et encore une fois, avec l'allongement de la durée de cotisation annoncé, ce sont les salariés qui sont appelés à abonder le système par répartition. Quant aux arguments, ils sont toujours les mêmes, à commencer par celui de l'espérance de vie. Ainsi, « la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein augmentera parallèlement à l’augmentation de l’espérance de vie » comme le proclame la communication gouvernementale. Le problème, c'est que cet argument est avant tout une contre-vérité.

3475313_3_f991_la-manifestation-contre-la-reforme-des_955887ef3be2565c9f10deac0e35866f[1].jpgUn progrès en trompe l'œil

Que l'espérance de vie progresse en France sur le long terme est indéniable, mais la statistique prise dans son ensemble cache quelques nuances dont il faut tenir compte.

D'abord, le rythme auquel augmente l'espérance de vie aujourd'hui n'est pas celui que l'on pouvait connaître il y a quelques décennies. Ainsi, en une décennie, l'espérance de vie à la naissance avait augmenté entre 1950 et 1960 de 3,6 années pour les hommes et de 4,4 années pour les femmes ; entre 1999 et 2009 elle n'augmentait plus que de 2,8 années pour les hommes et 1,9 année pour les femmes (chiffres Ined et Insee).

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09:25 Publié dans Économie, Question sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retraites, démographie, françois hollande |

16/05/2013

La crise accélère la hausse des inégalités

The-Rich-Get-Richer-Income-Inequality[1].jpgLes dernières données sur les inégalités rendues publiques par l'OCDE dressent un tableau terrible de l'évolution des économies développées.

Hausse continue depuis 40 ans, accrue depuis 2008

La hausse des inégalités, continue dans les pays développés depuis le milieu des années 1970, s'est accélérée depuis le début de la crise. C'est ce que conclut l'OCDE dans ses derniers résultats publiés, qui compilent des données allant jusqu'en 2010.

Les inégalités de revenu se sont ainsi davantage creusées dans les trois premières années de la crise (2008-2010) que dans les douze années précédentes.

Consulter gratuitement en ligne : le rapport, les données et graphiques du rapport et la base de données sur la distribution des revenus.

Infographie en fin d'article.

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09:16 Publié dans Économie, Question sociale | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : inégalités, ocde, islande |

15/05/2013

La spirale austéritaire s'accélère

Daniel_hertzberg_smartmoney_sketches.jpgL'Europe de l'austérité persiste et signe, et ne craint jamais de tomber encore plus bas. Le chef de l'État français, lui, a choisi le camp de la trahison.

La France est en récession, l'Allemagne n'en est pas loin

Les dernières estimations des résultats économiques de l'Union européenne au premier trimestre ont été communiqués aujourd'hui par Eurostat, et sont en-dessous des prévisions. En résumé : -0,1 % pour l'UE27 (-0,7 % sur l'année écoulée), -0,2 % pour la zone euro (-1 % sur l'année).

Avec deux trimestres consécutifs de contraction (-0,3 % au dernier trimestre 2012 et -0,2 % au premier trimestre 2013) la France entre donc officiellement en récession, sort qu'elle partage avec au moins huit pays de l'Union (sur vingt pays pour lesquelles les données sont disponibles). Des résultats terribles mais aussi tristement prévisibles.

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Austérité : un gouvernement qui aime les riches

sipa_00625410_000004[1].jpgRégulièrement, les sondages d'opinion semblent accréditer l'existence d'un fort soutien des Français pour les politiques d'austérité. En cette période d'explosion du chômage, de précarité généralisée et de stagnation des salaires, les sacrifices du peuple seraient-ils donc consentis ? Un regard plus précis montre au contraire que les plus fortunés, que François Hollande disait en 2006 ne pas aimer, sont ceux qu'il choisit aujourd'hui d'écouter et de satisfaire.

L'indispensable liberté de se tromper

Il n'est pas question ici de revenir réellement sur une analyse de la justification économique des politiques austéritaires, néfastes pour la croissance, et qui infligent aux peuples européens des souffrances inutiles. De fait, le fondement même du fonctionnement démocratique d'une société n'implique pas de la part du peuple une compétence économique. Qui plus est, les aspects économiques ne sont heureusement pas seuls à rentrer en ligne de compte dans les opinions d'un homme ou d'une société tout entière, et toute question, quelles que soient ses implications économiques, n'est jamais purement économique.

On peut estimer, par principe ou pour des raisons éthiques, qu'un budget public doit être en équilibre même si c'est économiquement infondé et inutile. Par ailleurs, de nombreuses raisons peuvent amener les citoyens à favoriser l'austérité parce qu'ils y voient un moyen de défendre leurs intérêts, sans que cela soit indigne. Chacun a le droit de souhaiter voir ses impôts se réduire, ou de croire que l'État et les services publics sont une sphère néfaste. Encore une fois, il n'est nullement ici question de contester le caractère essentiel des libertés démocratiques, et le champ illimité des choix laissés à la Nation dans son ensemble.

Une opinion historiquement portée vers la rigueur

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13/05/2013

Combien les congés payés coûtent-ils à l'économie ?

Sous ce titre volontairement provocateur, La Brèche revient sur les débats récurrents quant au supposé effet négatif des jours fériés sur la croissance. Ou comment, subrepticement, la mentalité droitière s’attaque à l’héritage des luttes sociales et, au-delà des jours fériés, vise les congés payés dans leur ensemble, au mépris des travailleurs comme d'ailleurs de l'économie.

Paresse[1].jpgUn alarmisme aussi général qu'injustifié

« Ce que coûtent les ponts de mai coûtent à l’économie française » (Challenges/Nouvelobs), « Jours fériés, ponts de mai : ce qu'ils coûtent à l'économie » (L’Expansion/L’Express), « Jours fériés et ponts de mai : une facture de 2 milliards d'euros » (La Dépêche du midi) (et d’autres articles encore dans Le Figaro, le JDD, La Tribune...). La presse française, de droite comme de gauche, manifeste à de rares exceptions près une véritable obsession pour le coût supposé des jours fériés pour l'activité économique.

La rhétorique est implacable : les ponts et jours fériés auraient un impact décisif, et entraîneraient un « manque à gagner » chiffré à 0,1 point de PIB en 2013, soit 2 milliards d’euros. Suivent déplorations quant au pauvre sort des entreprises forcées « de se livrer à quelques acrobaties calendaires » pour organiser un travail désorganisé par ces néfastes jours fériés. Coup de grâce : c’est une étude INSEE qui affirmerait l’existence de ce « manque à gagner ». Ou comment chercher une caution théorique à un discours idéologiquement marqué (mais on y reviendra d'ici quelques lignes).

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09:49 Publié dans Économie, Question sociale | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : congés payés, jours fériés, 1er mai, productivité |

 
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