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15/05/2013

La spirale austéritaire s'accélère

Daniel_hertzberg_smartmoney_sketches.jpgL'Europe de l'austérité persiste et signe, et ne craint jamais de tomber encore plus bas. Le chef de l'État français, lui, a choisi le camp de la trahison.

La France est en récession, l'Allemagne n'en est pas loin

Les dernières estimations des résultats économiques de l'Union européenne au premier trimestre ont été communiqués aujourd'hui par Eurostat, et sont en-dessous des prévisions. En résumé : -0,1 % pour l'UE27 (-0,7 % sur l'année écoulée), -0,2 % pour la zone euro (-1 % sur l'année).

Avec deux trimestres consécutifs de contraction (-0,3 % au dernier trimestre 2012 et -0,2 % au premier trimestre 2013) la France entre donc officiellement en récession, sort qu'elle partage avec au moins huit pays de l'Union (sur vingt pays pour lesquelles les données sont disponibles). Des résultats terribles mais aussi tristement prévisibles.

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Austérité : un gouvernement qui aime les riches

sipa_00625410_000004[1].jpgRégulièrement, les sondages d'opinion semblent accréditer l'existence d'un fort soutien des Français pour les politiques d'austérité. En cette période d'explosion du chômage, de précarité généralisée et de stagnation des salaires, les sacrifices du peuple seraient-ils donc consentis ? Un regard plus précis montre au contraire que les plus fortunés, que François Hollande disait en 2006 ne pas aimer, sont ceux qu'il choisit aujourd'hui d'écouter et de satisfaire.

L'indispensable liberté de se tromper

Il n'est pas question ici de revenir réellement sur une analyse de la justification économique des politiques austéritaires, néfastes pour la croissance, et qui infligent aux peuples européens des souffrances inutiles. De fait, le fondement même du fonctionnement démocratique d'une société n'implique pas de la part du peuple une compétence économique. Qui plus est, les aspects économiques ne sont heureusement pas seuls à rentrer en ligne de compte dans les opinions d'un homme ou d'une société tout entière, et toute question, quelles que soient ses implications économiques, n'est jamais purement économique.

On peut estimer, par principe ou pour des raisons éthiques, qu'un budget public doit être en équilibre même si c'est économiquement infondé et inutile. Par ailleurs, de nombreuses raisons peuvent amener les citoyens à favoriser l'austérité parce qu'ils y voient un moyen de défendre leurs intérêts, sans que cela soit indigne. Chacun a le droit de souhaiter voir ses impôts se réduire, ou de croire que l'État et les services publics sont une sphère néfaste. Encore une fois, il n'est nullement ici question de contester le caractère essentiel des libertés démocratiques, et le champ illimité des choix laissés à la Nation dans son ensemble.

Une opinion historiquement portée vers la rigueur

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13/05/2013

Combien les congés payés coûtent-ils à l'économie ?

Sous ce titre volontairement provocateur, La Brèche revient sur les débats récurrents quant au supposé effet négatif des jours fériés sur la croissance. Ou comment, subrepticement, la mentalité droitière s’attaque à l’héritage des luttes sociales et, au-delà des jours fériés, vise les congés payés dans leur ensemble, au mépris des travailleurs comme d'ailleurs de l'économie.

Paresse[1].jpgUn alarmisme aussi général qu'injustifié

« Ce que coûtent les ponts de mai coûtent à l’économie française » (Challenges/Nouvelobs), « Jours fériés, ponts de mai : ce qu'ils coûtent à l'économie » (L’Expansion/L’Express), « Jours fériés et ponts de mai : une facture de 2 milliards d'euros » (La Dépêche du midi) (et d’autres articles encore dans Le Figaro, le JDD, La Tribune...). La presse française, de droite comme de gauche, manifeste à de rares exceptions près une véritable obsession pour le coût supposé des jours fériés pour l'activité économique.

La rhétorique est implacable : les ponts et jours fériés auraient un impact décisif, et entraîneraient un « manque à gagner » chiffré à 0,1 point de PIB en 2013, soit 2 milliards d’euros. Suivent déplorations quant au pauvre sort des entreprises forcées « de se livrer à quelques acrobaties calendaires » pour organiser un travail désorganisé par ces néfastes jours fériés. Coup de grâce : c’est une étude INSEE qui affirmerait l’existence de ce « manque à gagner ». Ou comment chercher une caution théorique à un discours idéologiquement marqué (mais on y reviendra d'ici quelques lignes).

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09:49 Publié dans Économie, Question sociale | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : congés payés, jours fériés, 1er mai, productivité |

10/05/2013

Taxer le livre d'occasion : la nouvelle idée du lobby de l'édition

édition

Un ancien ministre déjà entaché par un scandale, un puissant lobby, des soupçons de conflits d'intérêt, et un marché souterrain qui échappe à tout contrôle. Le dernier scénario d'une série télévisée à succès ? Non, une nouvelle étape dans les conquêtes du trust de l'édition française...

Où l’on reparle d’Hervé Gaymard

Certes, le scandale par lequel a été diffusé l’information invalide peut-être toute étape législative à cet avant-avant-projet. La question écrite du tristement célèbre ex-ministre de l’économie Hervé Gaymard, adressée à la ministre de la culture Aurélie Filippetti, était de celles qui souvent préludent à une proposition de loi soutenue par l'opposition comme par le gouvernement, au nom du consensus et des intérêts économiques supérieurs du monde de l'édition. Le scandale, c’est qu’Hervé Gaymard siège depuis mai 2008 au conseil d’administration du groupe Dargaud, et que l'hyperactivité législative du député de Savoie quant à l'industrie du livre remonte justement à 2008, avec quatre textes de loi déposés. De forts soupçons de conflits d'intérêt pèsent donc sur le projet dont il est ici question.

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09:35 Publié dans Économie, Politique culturelle | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : édition, aurélie filippetti, hervé gaymard |

08/05/2013

La France et la reproduction sociale : une société immobile ?

livres,camille peugny

Après le vif succès du Déclassement en 2009, Camille Peugny choisit dans Le destin au berceau de remettre sur le métier un thème abondamment traité mais finalement rarement actualisé : la question de la reproduction sociale et, surtout, de sa persistance voire de son renforcement dans les décennies récentes.

La fausse mobilité sociale française

Tout le monde ou presque connaît, a entendu citer, a lu, les ouvrages certes majeurs de Bourdieu et Passeron, Les héritiers (1964) et La reproduction (1970), classiques sociologiques hélas trahis par leur âge, et qui ont contribué à donner au thème de la reproduction sociale en France un caractère presque poussiéreux, décidément soixante-huitard. Aussi croit-on et dit-on que les hypothétiques Trente glorieuses de Fourastié auraient atténué le phénomène de reproduction. Comme la société américaine, qui derrière le mythe du self made man est l'une des plus figées parmi les pays occidentaux (voir ici et ), la société française continue de reproduire les inégalités, de génération en génération. Sept enfants d'ouvrier sur dix exercent eux-mêmes des emplois d'exécution, une proportion qui a très peu évolué depuis trente ans.

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