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10/09/2013

PS : la meilleure des droites

livres, parti socialisteIl y a vingt-sept ans, deux intellectuels de gauche signaient un essai à charge contre le gouvernement élu sous l'étiquette du Parti socialiste. La thèse est simple : le Président Mitterrand, ses ministres, les responsables du PS, ne sont plus vraiment à gauche. Il ne sont pas non plus une « fausse gauche », qui gouvernerait sous les simples apparences du socialisme. Ils sont bien plus une vraie droite. La deuxième droite. D'une justesse cinglante, La deuxième droite retrouve toute son actualité sous la triste mandature Hollande.

Fausse gauche ou vraie droite ?

La critique de gauche du gouvernement actuel n'a pas attendu cette fois. Elle s'est exprimée dès la fin de 2012 et a donné lieu, d'ores et déjà, à diverses publications (L'étrange capitulation de Laurent Mauduit est la plus exposée) et à une floraison de sites parfois très précis. Il faut avouer que le Président Hollande et son équipe n'ont pas cherché un instant à dissimuler leurs intentions, une fois le pouvoir conquis.

Il est particulièrement intéressant au regard de l'interminable litanie des déceptions et des reniements de retrouver La deuxième droite grâce aux éditions Agone, maison marseillaise inscrite dans le sillage de la revue du même nom, et à laquelle on doit entre autre nombre de rééditions cruciales. Publié pour la première fois en 1986, l'ouvrage de Jean-Pierre Garnier et Louis Janover apporte un regard différent sur ce débat qui a le défaut de facilement tourner en rond à partir du moment où l'on s'en tient à distinguer une « vraie » gauche qui ne pourrait gouverner et une « fausse » gauche qui trahirait son électorat.

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08:35 Publié dans Politique française, Vie de l'esprit | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livres, parti socialiste |

17/05/2013

Rapport Lescure : le flop culturel du gouvernement

Taxer-les-smartphones-pour-sauver-la-culture_article_landscape_pm_v8[1].jpgLa mission Lescure avait été créée en août 2012 par Aurélie Filipetti, et consistait en une « mission de concertation sur les contenus numériques et la politique culturelle à l’ère du numérique ». L’objectif de ce que la ministre appelle « Acte II de l’exception culturelle » est ainsi d’étudier l’adaptation des dispositifs mis en place, particulièrement sous le président Mitterrand, dans une logique « d’exception culturelle » et destinés à « favoriser la création, la production, la distribution et la diffusion des œuvres littéraires, cinématographiques et audiovisuelles », et à « conserver une offre culturelle de qualité, variée et accessible ».

Suite à la remise du rapport au Président de la République le 13 mai, il est difficile de se dire optimiste pour la politique culturelle française. Le rapport est consultable sur le site du ministère.

Aurélie Filippetti, ministre de l’industrie culturelle

La mission elle-même ne laissait guère d’espoirs. La décision d’axer cette concertation quant à  « l’Acte II de l’exception culturelle » sur « l’ère numérique » ne montre qu’une chose, c’est l’obsession d’Aurélie Filippetti pour les gadgets, les smartphones, les tablettes, les liseuses, comme si le changement technique pouvait à lui seule soulager le ministère de la tâche désormais accessoire de permettre l’accès de tous au patrimoine le plus universel. Rien de très surprenant à vrai dire : La Brèche avait déjà souligné il y a près de deux ans la vacuité des propositions socialistes sur la culture. Le pilotage de la mission Lescure par un comité regroupant six ministres (de la culture, de l’économie et des finances, du redressement productif, des PME et de l’innovation, des affaires étrangères, et du commerce extérieur) renforce le sentiment que la culture n’est plus, pour le gouvernement, qu’un secteur économique comme un autre.

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15/05/2013

La spirale austéritaire s'accélère

Daniel_hertzberg_smartmoney_sketches.jpgL'Europe de l'austérité persiste et signe, et ne craint jamais de tomber encore plus bas. Le chef de l'État français, lui, a choisi le camp de la trahison.

La France est en récession, l'Allemagne n'en est pas loin

Les dernières estimations des résultats économiques de l'Union européenne au premier trimestre ont été communiqués aujourd'hui par Eurostat, et sont en-dessous des prévisions. En résumé : -0,1 % pour l'UE27 (-0,7 % sur l'année écoulée), -0,2 % pour la zone euro (-1 % sur l'année).

Avec deux trimestres consécutifs de contraction (-0,3 % au dernier trimestre 2012 et -0,2 % au premier trimestre 2013) la France entre donc officiellement en récession, sort qu'elle partage avec au moins huit pays de l'Union (sur vingt pays pour lesquelles les données sont disponibles). Des résultats terribles mais aussi tristement prévisibles.

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Austérité : un gouvernement qui aime les riches

sipa_00625410_000004[1].jpgRégulièrement, les sondages d'opinion semblent accréditer l'existence d'un fort soutien des Français pour les politiques d'austérité. En cette période d'explosion du chômage, de précarité généralisée et de stagnation des salaires, les sacrifices du peuple seraient-ils donc consentis ? Un regard plus précis montre au contraire que les plus fortunés, que François Hollande disait en 2006 ne pas aimer, sont ceux qu'il choisit aujourd'hui d'écouter et de satisfaire.

L'indispensable liberté de se tromper

Il n'est pas question ici de revenir réellement sur une analyse de la justification économique des politiques austéritaires, néfastes pour la croissance, et qui infligent aux peuples européens des souffrances inutiles. De fait, le fondement même du fonctionnement démocratique d'une société n'implique pas de la part du peuple une compétence économique. Qui plus est, les aspects économiques ne sont heureusement pas seuls à rentrer en ligne de compte dans les opinions d'un homme ou d'une société tout entière, et toute question, quelles que soient ses implications économiques, n'est jamais purement économique.

On peut estimer, par principe ou pour des raisons éthiques, qu'un budget public doit être en équilibre même si c'est économiquement infondé et inutile. Par ailleurs, de nombreuses raisons peuvent amener les citoyens à favoriser l'austérité parce qu'ils y voient un moyen de défendre leurs intérêts, sans que cela soit indigne. Chacun a le droit de souhaiter voir ses impôts se réduire, ou de croire que l'État et les services publics sont une sphère néfaste. Encore une fois, il n'est nullement ici question de contester le caractère essentiel des libertés démocratiques, et le champ illimité des choix laissés à la Nation dans son ensemble.

Une opinion historiquement portée vers la rigueur

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29/03/2013

Hollande et le livre : quelle priorité ?

En visite au Salon du livre pour son inauguration le 22 mars, le chef de l’État, accompagné de la ministre de la culture Aurélie Filippetti, déclarait considérer le livre comme « une grande priorité culturelle ». Mais quel contenu peut-on vraiment espérer derrière l’annonce de circonstance ?

Le choix du Salon du livre

hollande1-tt-width-604-height-403-attachment_id-260609.jpgAprès le Salon de l’agriculture, le président Hollande avait donc choisi de rendre visite au Salon du livre de Paris pour son inauguration, afin selon lui de « renouer avec une tradition » (bien que deux éditions seulement aient été fréquentées par le chef d’État en exercice avant celle-ci, en 1982 et en 2001). Un salon, qu’il fût du livre, a de fait cela de particulier de ne pas vraiment être un lieu de culture. Porte de Versailles, on ne parcourt pas les rayonnages garnis en parlant à mi-voix comme dans n’importe quelle librairie, mais on se perd dans des allées peuplées, on part à la chasse aux autographes, dans le vacarme des interviews promotionnelles.

Plus encore, le Salon du livre de Paris, événement privé organisé par le leader mondial de l’événementiel Reed Exhibitions, n’affiche aucune vocation à promouvoir le livre plus particulièrement qu’un autre des produits auxquels sont consacrés chacun de leurs 60 salons en France. Ainsi, en 2012, les écrivains avaient-ils été très choqués par la décision prise par le salon de faire payer l’entrée aux écrivains n’ayant pas de séance dédicace prévue. L’écrivain, amuseur bon pour attirer le badaud, et, à défaut, sans intérêt : le salon du livre n’est décidément pas le salon des passionnés de littérature.

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