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15/05/2013

Austérité : un gouvernement qui aime les riches

sipa_00625410_000004[1].jpgRégulièrement, les sondages d'opinion semblent accréditer l'existence d'un fort soutien des Français pour les politiques d'austérité. En cette période d'explosion du chômage, de précarité généralisée et de stagnation des salaires, les sacrifices du peuple seraient-ils donc consentis ? Un regard plus précis montre au contraire que les plus fortunés, que François Hollande disait en 2006 ne pas aimer, sont ceux qu'il choisit aujourd'hui d'écouter et de satisfaire.

L'indispensable liberté de se tromper

Il n'est pas question ici de revenir réellement sur une analyse de la justification économique des politiques austéritaires, néfastes pour la croissance, et qui infligent aux peuples européens des souffrances inutiles. De fait, le fondement même du fonctionnement démocratique d'une société n'implique pas de la part du peuple une compétence économique. Qui plus est, les aspects économiques ne sont heureusement pas seuls à rentrer en ligne de compte dans les opinions d'un homme ou d'une société tout entière, et toute question, quelles que soient ses implications économiques, n'est jamais purement économique.

On peut estimer, par principe ou pour des raisons éthiques, qu'un budget public doit être en équilibre même si c'est économiquement infondé et inutile. Par ailleurs, de nombreuses raisons peuvent amener les citoyens à favoriser l'austérité parce qu'ils y voient un moyen de défendre leurs intérêts, sans que cela soit indigne. Chacun a le droit de souhaiter voir ses impôts se réduire, ou de croire que l'État et les services publics sont une sphère néfaste. Encore une fois, il n'est nullement ici question de contester le caractère essentiel des libertés démocratiques, et le champ illimité des choix laissés à la Nation dans son ensemble.

Une opinion historiquement portée vers la rigueur

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19/04/2013

Reinhart & Rogoff et la théorie de l'austérité expansionniste : anatomie d'un fiasco

Coup de tonnerre chez les économistes, mais aussi pour tous les gouvernants partisans de l'austérité : la théorie selon laquelle la croissance serait favorisée par la réduction des déficits est basée sur les résultats erronés d'une feuille de calcul Excel. Les choses sont-elles si vraiment si simples ?

Une base théorique pour les anti-déficits

Lexcel.jpg’austérité, certes, était dans l’air du temps depuis quelques années, dans les discours politiques et les éditoriaux de la presse, voire dans certains documents officiels comme le fameux rapport Péberau en France. Demeurait cependant un souci : l’existence de déficits publics n’avait jamais empêché aucun pays de connaître la croissance, bien au contraire, ni de maintenir le ratio dette/PIB sous contrôle. Les premiers mois de la crise financière inaugurée en 2008 virent ainsi les gouvernements se tourner vers l’idée traditionnelle et keynésienne du plan de relance, bien que dans des volumes assez variables.

Les partisans de l’austérité n’avaient pas dit leur dernier mot, avec l’ambition d’imposer une idée centrale : que le déficit — plutôt que les errements des institutions financières — était la cause de la crise, et qu’une politique d’austérité pouvait au contraire ramener la croissance. Ne manquait plus qu’une légitimité intellectuelle, une preuve empirique de cette théorie jusqu’à preuve du contraire fumeuse.

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09:03 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : austérité, dette publique |

22/10/2010

Comment l'Europe tue la reprise économique

banner-austerity.jpgLa rigueur budgétaire est à la mode, en Europe plus que nulle part. Alors que le Royaume-Uni annonce un plan d'austérité inédit qui doit supprimer 500 000 emplois publics d'ici 2014, le sommet franco-allemand de Deauville, qui vient de s'achever, a lancé une réforme du Pacte de stabilité de l'Union européenne, durcissant les sanctions envers les mauvais élèves. L'Europe choisit courageusement de se diriger vers une nouvelle récession.

De l'économie aux économies

Le consensus sur les ajustements budgétaires est aujourd’hui évident dans l’Union européenne, la priorité continentale étant le retour dans les limites fixées par le pacte de stabilité (officiellement « Pacte de stabilité et de croissance »), du moins de la limitation du déficit public à 3% du PIB, le problème de la dette accumulée (théoriquement limitée à 60% du PIB) étant repoussé à plus tard. Le temps n’est donc plus à la relance, ni au compromis rigueur-relance (la « rilance » de Christine Lagarde), mais bien à la cure d’austérité. Les pays les plus fragiles, les plus touchés également par la crise économique depuis deux ans, sont aussi ceux qui doivent fournir le plus d’efforts : l’Irlande, dont le déficit public annuel devrait atteindre 32% du PIB en 2010 (!) va finalement opérer 11 Md€ d’ajustements sur quatre ans, contre 7,5 prévus initialement ; la Grèce va elle aussi devoir réviser ses coupes à la hausse, tandis que l’Italie, l’Espagne et le Portugal redoublent d’efforts pour satisfaire les agences de notation.

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08:16 Publié dans Économie, Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : économie, dette publique, crise économique |

 
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