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13/09/2013

Retraites : l'espérance de vie ne s'allonge pas pour tout le monde

Le débat sur les retraites est de retour ! Et encore une fois, avec l'allongement de la durée de cotisation annoncé, ce sont les salariés qui sont appelés à abonder le système par répartition. Quant aux arguments, ils sont toujours les mêmes, à commencer par celui de l'espérance de vie. Ainsi, « la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein augmentera parallèlement à l’augmentation de l’espérance de vie » comme le proclame la communication gouvernementale. Le problème, c'est que cet argument est avant tout une contre-vérité.

3475313_3_f991_la-manifestation-contre-la-reforme-des_955887ef3be2565c9f10deac0e35866f[1].jpgUn progrès en trompe l'œil

Que l'espérance de vie progresse en France sur le long terme est indéniable, mais la statistique prise dans son ensemble cache quelques nuances dont il faut tenir compte.

D'abord, le rythme auquel augmente l'espérance de vie aujourd'hui n'est pas celui que l'on pouvait connaître il y a quelques décennies. Ainsi, en une décennie, l'espérance de vie à la naissance avait augmenté entre 1950 et 1960 de 3,6 années pour les hommes et de 4,4 années pour les femmes ; entre 1999 et 2009 elle n'augmentait plus que de 2,8 années pour les hommes et 1,9 année pour les femmes (chiffres Ined et Insee).

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09:25 Publié dans Économie, Question sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retraites, démographie, françois hollande |

05/09/2013

Former les chômeurs pour réduire le chômage. Analyse d'un mythe

C’était un thème privilégié de l’ancienne majorité, sur lequel le Président-candidat Nicolas Sarkozy avait tenté de capitaliser par diverses propositions plus ou moins conflictuelles, notamment en direction des syndicats (qu’il accusait de vouloir « garder la main sur l'argent » de la formation). Et la formation doit faire l'objet d'un projet de loi à l'automne.

De fait, personnalités politiques et médias se réfèrent souvent à la page d’accueil du site internet du Pôle emploi pour affirmer que de nombreuses offres d’emploi sont disponibles. « 135 995 offres d’emploi en ligne » y lit-on fin août : le chiffre, mois après mois, a tendance à augmenter. Si autant d’emplois demeurent disponibles, ce serait donc soit que les chômeurs sont paresseux, soit qu’ils ne sont pas formés.

Offres disponibles et offres non pourvueschômage, françois hollande

La réalité et le sens de ces chiffres constamment avancés, d’abord, mérite question. En effet, ce chiffre brut comptabilise les annonces publiées. Celles-ci peuvent aussi bien proposer un CDI à temps complet qu’une mission d’intérim d’une heure. D’autres sont en double, voire en triple, un fait courant. D’autres enfin sont caduques, la plupart des annonces demeurant publiées après avoir été pourvues, de quelques jours à plusieurs mois. Une offre disponible n’est donc pas forcément une offre non pourvue.

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09:17 Publié dans Question sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chômage, françois hollande, pôle emploi |

15/05/2013

La spirale austéritaire s'accélère

Daniel_hertzberg_smartmoney_sketches.jpgL'Europe de l'austérité persiste et signe, et ne craint jamais de tomber encore plus bas. Le chef de l'État français, lui, a choisi le camp de la trahison.

La France est en récession, l'Allemagne n'en est pas loin

Les dernières estimations des résultats économiques de l'Union européenne au premier trimestre ont été communiqués aujourd'hui par Eurostat, et sont en-dessous des prévisions. En résumé : -0,1 % pour l'UE27 (-0,7 % sur l'année écoulée), -0,2 % pour la zone euro (-1 % sur l'année).

Avec deux trimestres consécutifs de contraction (-0,3 % au dernier trimestre 2012 et -0,2 % au premier trimestre 2013) la France entre donc officiellement en récession, sort qu'elle partage avec au moins huit pays de l'Union (sur vingt pays pour lesquelles les données sont disponibles). Des résultats terribles mais aussi tristement prévisibles.

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Austérité : un gouvernement qui aime les riches

sipa_00625410_000004[1].jpgRégulièrement, les sondages d'opinion semblent accréditer l'existence d'un fort soutien des Français pour les politiques d'austérité. En cette période d'explosion du chômage, de précarité généralisée et de stagnation des salaires, les sacrifices du peuple seraient-ils donc consentis ? Un regard plus précis montre au contraire que les plus fortunés, que François Hollande disait en 2006 ne pas aimer, sont ceux qu'il choisit aujourd'hui d'écouter et de satisfaire.

L'indispensable liberté de se tromper

Il n'est pas question ici de revenir réellement sur une analyse de la justification économique des politiques austéritaires, néfastes pour la croissance, et qui infligent aux peuples européens des souffrances inutiles. De fait, le fondement même du fonctionnement démocratique d'une société n'implique pas de la part du peuple une compétence économique. Qui plus est, les aspects économiques ne sont heureusement pas seuls à rentrer en ligne de compte dans les opinions d'un homme ou d'une société tout entière, et toute question, quelles que soient ses implications économiques, n'est jamais purement économique.

On peut estimer, par principe ou pour des raisons éthiques, qu'un budget public doit être en équilibre même si c'est économiquement infondé et inutile. Par ailleurs, de nombreuses raisons peuvent amener les citoyens à favoriser l'austérité parce qu'ils y voient un moyen de défendre leurs intérêts, sans que cela soit indigne. Chacun a le droit de souhaiter voir ses impôts se réduire, ou de croire que l'État et les services publics sont une sphère néfaste. Encore une fois, il n'est nullement ici question de contester le caractère essentiel des libertés démocratiques, et le champ illimité des choix laissés à la Nation dans son ensemble.

Une opinion historiquement portée vers la rigueur

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29/03/2013

Hollande et le livre : quelle priorité ?

En visite au Salon du livre pour son inauguration le 22 mars, le chef de l’État, accompagné de la ministre de la culture Aurélie Filippetti, déclarait considérer le livre comme « une grande priorité culturelle ». Mais quel contenu peut-on vraiment espérer derrière l’annonce de circonstance ?

Le choix du Salon du livre

hollande1-tt-width-604-height-403-attachment_id-260609.jpgAprès le Salon de l’agriculture, le président Hollande avait donc choisi de rendre visite au Salon du livre de Paris pour son inauguration, afin selon lui de « renouer avec une tradition » (bien que deux éditions seulement aient été fréquentées par le chef d’État en exercice avant celle-ci, en 1982 et en 2001). Un salon, qu’il fût du livre, a de fait cela de particulier de ne pas vraiment être un lieu de culture. Porte de Versailles, on ne parcourt pas les rayonnages garnis en parlant à mi-voix comme dans n’importe quelle librairie, mais on se perd dans des allées peuplées, on part à la chasse aux autographes, dans le vacarme des interviews promotionnelles.

Plus encore, le Salon du livre de Paris, événement privé organisé par le leader mondial de l’événementiel Reed Exhibitions, n’affiche aucune vocation à promouvoir le livre plus particulièrement qu’un autre des produits auxquels sont consacrés chacun de leurs 60 salons en France. Ainsi, en 2012, les écrivains avaient-ils été très choqués par la décision prise par le salon de faire payer l’entrée aux écrivains n’ayant pas de séance dédicace prévue. L’écrivain, amuseur bon pour attirer le badaud, et, à défaut, sans intérêt : le salon du livre n’est décidément pas le salon des passionnés de littérature.

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